Valérie

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Valérie – pure carolo / esprit rebelle / future éducatrice

“J’ai un lien avec Charleroi que je ne sais pas trop expliquer.

Je suis née à Charleroi et j’ai l’impression que c’est une sorte de “ville-aimant” ou une ville aimantée, qui fait qu’on y revient toujours. Une fois que tu fais partie de Charleroi, tu ne sais pas t’en détacher.

J’ai déjà essayé de m’en éloigner, parce que j’avais eu différents problèmes mais j’y reviens toujours parce que cette ville finit par me manquer même si, parfois, ça fait du bien. C’est une ville où il y a de l’action, de beaux endroits comme des endroits moches. C’est une ville où il y a du mouvement.

Ce qui m’attire c’est qu’il s’agit d’une ville liée à mon passé ou à certaines personnes. Même si certains m’ont dégoûtée de cette ville, j’ai l’impression que c’est ma ville de coeur. Je suis née ici mais le destin m’y a ramenée par la suite puisque j’ai déménagé du côté de Manage quand j’avais 12 ans et que je suis revenue à Charleroi, sans vraiment le vouloir. Et donc je ne m’en détache pas.

Le quartier des Beaux-Arts, ça représente vraiment mon Charleroi à moi. Ça date du temps où j’ai commencé à pouvoir sortir seule. Je traînais là-bas et j’y ai connu toutes sortes de choses: des mauvaises — fidèles à ce que l’on dit parfois de ce quartier — mais aussi beaucoup de bonnes choses, notamment de belles rencontres. Quand on me parle des Beaux-Arts, même du Palais des Beaux-Arts, ça représente Charleroi, celui qui va dans tous les sens et de tous les côtés. Si on me dit: “Beaux-Arts”, c’est Charleroi, bien plus qu’ici, au parc Reine Astrid.

Je suis carolo ! Et être carolo, c’est aimer la ville. Les gens de l’extérieur perçoivent souvent la ville comme une ville sale, une ville de toxicomanes, de drogués, de dealers,… un ville sale, quoi. Mais pour moi, ce n’est pas que ça. Des côtés moins biens, tu en retrouves dans toutes les villes. Être carolo c’est faire partie de cette ville. Avoir Charleroi dans le cœur et ne jamais pouvoir s’en détacher.

D’un côté, j’aimerais bien partir un jour pour aller vivre ailleurs mais je sais pertinemment que Charleroi me manquerait. Je connais tout, ici. Tous ces endroits, je les connais comme ma poche.

Ce mouvement, ça me fait penser au cinéma. Charleroi peut aussi bien être une comédie qu’un film d’action ou policier. Les gens… il y a de vrais clowns dans Charleroi, des gens qui nous font rire comme il y aussi beaucoup d’action, par rapport à la police ou aux problèmes. Et tout ça, ça peut faire une belle histoire. Manage, c’était beaucoup plus calme, certains aiment ça aussi mais je préfère ce contraste qu’est Charleroi.

Quand j’étais à l’école à Manage, les gens me demandaient comment je faisais pour m’y retrouver “dans cette ville de barakis”. Sur Facebook, il y a beaucoup de parodies qui tournent et on fait souvent le lien entre “barakis” et “carolos”. Parfois ça me fait rire mais souvent ça me fait chier ! Il ne faut pas mettre tout le monde dans le même sac, moi je suis une pure carolo et je ne suis pas une baraki.

La ville à une mauvaise image parce qu’il y a énormément de problèmes avec la police, les toxicomanes, les sans-papiers qui dealent. Et quand des gens viennent de l’extérieur ils peuvent se focaliser sur ça et en reparler ensuite à d’autres. Alors, ça parle de drogue, de barakis, de carapils mais pourtant on ne voit pas souvent des gens avec des carapils par ici.

Moi, ce n’est pas du tout l’image qui me vient quand je pense à Charleroi. De mon point de vue, c’est surtout une ville remplie d’artistes. C’est à Charleroi que j’ai découvert le slam, par exemple. Et j’ai vraiment Charleroi dans le cœur: “Charleroi un jour, Charleroi toujours”, comme on dit.

J’ai longtemps été déscolarisée et un peu dispersée dans mes projets et mon prochain défi est donc de terminer mes trois années d’études pour devenir éducatrice. Je pense que c’est possible, c’est ce que je veux ! J’ai des qualités pour devenir éducatrice. Déjà, j’ai un vécu riche qui a fait que j’ai été aidée par des travailleurs de l’aide à la jeunesse qui me soutiennent encore parfois. Et surtout, j’aime le contact avec les gens et je voudrais pouvoir aider des jeunes qui ont été dans mon cas, ou même, qui vivent des choses que je n’ai pas connues. Les aider à reprendre confiance en eux.”

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